vendredi 20 janvier 2012
sans titre pour l'instant, "Big Brother", encre de chine sur papier, 2012, 100 X 60 cm environ
Par simon ortner, vendredi 20 janvier 2012 à 11:45 :: Peintures, dessins
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vendredi 20 janvier 2012
Par simon ortner, vendredi 20 janvier 2012 à 11:45 :: Peintures, dessins
jeudi 19 janvier 2012
Par simon ortner, jeudi 19 janvier 2012 à 14:43 :: Peintures, dessins
jeudi 15 décembre 2011
Par simon ortner, jeudi 15 décembre 2011 à 11:07 :: Peintures, dessins
Encre de chine sur papier, 265 x 370 mm
mercredi 7 décembre 2011
Par simon ortner, mercredi 7 décembre 2011 à 18:50 :: écrire
Feuillards et résineux de chaque coté de l’autoroute A75. Mes traces se perdent dans l’humus de la forêt. Les bêtes m’ont senti dès mon arrivée dans le bois. Je regarde la direction des odeurs avec la fumée de ma cigarette. Cette pause essouflée, humide, champignonesque, me permet d’entendre le son lointain des camions qui roulent sur l’autoroute A75 entre Clermont-Ferrand et Montpellier. Le Massif central, jouissance érotique de la construction d’asphalte. Des gros camions vont et viennent et derrière eux l’imaginaire des routards tatoués. Je vois encore des bouteilles d’urine presque pleines sur le bord de l’autoroute A75, mais rien ne permet de prouver quoi que ce soit. L’ autoroute A75, goudrons et camions avec phares dressés, glissants. La route se transforme en une aura grise, une aura vague. Les camions avancent comme des chenilles, sur l’autoroute A75. Je les observe de loin. Ils font des bruits sourds que je ne peux pas décrire. Au pays des bestiaux, la forêt cache les clôtures. Les jours se ressemblent comme les lignes de l’autoroute A75.
Le chien noir du voisin est toujours là, assis devant le portail du jardin. C’est un labrador noir. Il attend patiemment que je parte faire un tour dans le vallon. Le chien ne m’appartient pas mais il m’accompagne toujours. Cela me plaît. À grandes enjambées, je traverse la petite vallée et l’espace qui nous sépare de la forêt. Je ne trouve pas de vestiges sur cette pelouse rasibus. Le chien garde la porte. La roche est noire sur le chemin de lave, un croûte séché. Les mouches volent autour de la table de la cuisine, elles se posent de temps en temps sur le meuble blanc. Je pourrais en avaler une par mégarde en bubant goulûment mon coco-calok.
La route des histoires fugaces, souvent sordides, son mouvement incessant de lignes automobiles, de fous du volant. Les oiseaux migrateurs au couleurs fauves attendent et se montrent près des aires de repos, à flanc de circulation, en robe moulante, les jambes savamment écartées devant la file vitesse des touristes du midi et de ceux qui se rendent ici ou là avec force mécanique.
Les perspectives grises et changeantes d’où s’élèvent des pylônes de lignes haute tension. Des grilles, mais aussi l’ombre aspect des cyprès de Provence. Un graphisme épuré dans toute cette flibusterie.
Le blanc bec est vif et leste.
Les sièges de sa voiture puent.
Les sièges de sa voiture sont tachés.
Le chien.
Les sièges sont couverts de poils.
Le chien.
Le blanc bec reprend le bitume.
Vif et leste.
La lumière crue du soleil de midi.
Les grandes villas.
La route.
La lumière crue du soleil de midi.
Les voitures, la route.
Sous les couches de papier peint de cette salle à manger dégueulasse, tout est marron. Les strates de papier dissimulent le temps et la crasse des vies usées. Sous les nombreuses couches du papier peint, j’ai décelé des images de couleurs, des images d’Épinal que je revois dans leurs beautés naïves. De cette salle à la cheminée en stuc violet, blanc et rose. De ce couloir rugueux. Je me couche dans mon lit sans draps. Je lis Faulkner et j’écoute la radio. De temps en temps, j’enregistre un passage, n’importe lequel, juste pour me souvenir du moment. Surgissent alors mes deux chauves souris, âmes familières de mon foyer qui viennent planer au dessus de ma paillasse dans des bruits d’ailes féconds et secs. Et puis le minimum, dormir, rêver, avant d’attaquer le turbin.
L’océan, le ciel. Des vaguelettes clapotent sur mes orteils. L’eau est douce, tiède. Une autre fois l’océan avait complètement englouti la plage. Nous étions sur la dune et regardions les vagues.
Ils discutent autour d’un petit buffet apéro. Je rencontre Christine qui m’offre un livre d’un de ces auteurs à la mode dans les cercles chic. Après un sourire complice, je m’éloigne sur l’isthme qui disparaît, aquatique horizon. Je fais quelques acrobaties, l’équilibre sur les mains avant de plonger dans l’eau entièrement nu. Comme la couleuvre qui glisse dans les feuilles, je glisse dans l’ambre grise, dans l’eau de fer. Je n’ai pourtant pas peur et je nage en savourant le plaisir, la liberté et l’énergie qui m’anime.
Je n’ai pas lu ton livre celui sur lequel tu as passé toutes ces heures à écrire, à aligner des lettres sur ton petit écran, machine à écrire de pur style Malévitch, carré blanc sur fond blanc avec la panoplie des adjectifs à la mode pour décrire ton rêve. La bâtisse, rafistolée depuis des lustres manque d’unité et cela devient cohérent. Chaque époque avec son lot de problèmes. Debout sur la balustre, je grave mes initiales au tournevis, M, le vengeur qui reviendra éternellement fêter cette fameuse entaille dans la pierre. Ici et à jamais, M, l’éternel nous fera rêver.
Elle transperce des forêts, ne se méfie ni des cours d’eau ni des tourbières. Elle passe avec nonchalance sur des zones à risques, des sables mouvants. J’entrevois la belle vallée boisée. Sur le seuil de notre maison, le mistral déploie sa puissance dans la pinède. La nature se manifeste.
Les ombres végétales scintillent et se font l’écho de l’âme du défunt. Chaque matin, au réveil, le soleil est là, déjà chaud.
Un aigle royal. Plumes, divine fascination. Un oiseau géant, un rapace couvre l’homme de ses ailes. L’homme se laisse couver. Tiens moi bien fort. Tiens moi bien. L’aigle vole au-dessus des champs. En suivant les chemins forestiers, je me perds dans une ravine. La bataille fait rage. Sonnez cors et trompette, la bataille fait rage. Les lances pointent leurs faisceaux d’airain et de plomb vers le ciel. À deux mains, j’empoigne l’adversaire par le colbac et le jette face contre terre.
Voisin, se déplace en tracteur. Voisin plante quatre drapeaux sur le monument aux morts du village. Quatre drapeaux tricolore flambant neuf qui ont beaucoup d’allure car il fait grand vent. Voisin est un rescapé de l’Algérie. L’obélisque et le poilu. La stèle et les drapeaux. Nous nous serrons la main, nous regardons la vallée qui bientôt sera couverte de neige. Hier j’ai vu les premières bécasses. Alors la route sera dangereuse, des stalagtites de glace orneront les toits. Voisin me parle de braconnage et de champignons. La nuit vient vite, il fait froid, je me presse de quitter ce beau ciel bleu foncé pour retrouver la chaleur rassurante du Foyer.
Par simon ortner, mercredi 7 décembre 2011 à 14:21 :: Peintures, dessins
huile sur toile, 10p à vérifier, Août 2011,
Par simon ortner, mercredi 7 décembre 2011 à 14:19 :: Peintures, dessins
huile sur bois, Août 2011, 24 X 25 cm