Simon Ortner

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mardi 9 mars 2010

Peinture et Paysage

«Tout est imprégné et fait en fonction du poème à venir» Eugène Leroy

Je pratique la peinture, je découpe et assemble des morceaux de passages.
La diversité et la profusion de cette pratique à travers les âges sont ancrées en moi comme un organe vital. J’utilise le paysage comme genre car j’éprouve au contact de la nature des sensations brutes qui m’entraînent, en tous lieux, dans une réflexion picturale. Je dissèque le paysage pour l’investir de mes outils artistiques et en proposer une lecture particulière. Ce moteur d’expression et de concept me permet de proposer un point de vue qui est à la fois une réflexion sur notre environnement et notre place face au paysage mais aussi une réflexion sur l’acte même de peindre.

J’observe attentivement les paysages que je traverse, la démesure, l’élévation, la présence de la terre et du ciel, la couleur. Mon travail est un point de vue issu de la constance de la marche, du regard. Un point de vue qui se place dans le plan et l’horizontalité paysage. Ce point de vue est aussi prétexte à l’élaboration d’une peinture informelle. En ce sens rejoindre une idée de la nature qui travaille en une constante renaissance. « La nature bienfaisante, qui toujours travaille à rétablir ce que l’homme ne cesse de détruire» Diderot.

L’idée d’un perpétuel chaos en opposition avec l’image de stabilité d’un paysage premier, horizontal, l’image de contemplation qui constitue aussi un des stéréotypes du peintre romantique. Cette image d’apparente stabilité, surface du tableau, est comme une peau qui cache un organisme : des bouleversements antagonistes, des organes vitaux au travail. Un point de vue intérieur, une description qui fait sens et image mentale. Un déplacement du paysage originel vers un paysage premier. La peinture est un geste archaïque et cela me convient dans la construction du paysage que je veux pratiquer. Soit terre, horizon et ciel, un paysage au sens premier, «protopaysage» selon Rothko ou grand champ.

«L’organisme tableau, le tableau comme organisme : on peut l’entendre en divers sens, selon que la construction du tableau se laissera ou non penser en termes d’échafaudage, de charpente, ou encore d’ossature. C’est qu’une peinture a un squelette, des muscles, une peau, une anatomie spécifiquement picturale. On construit d’abord l’échafaudage, la question demeurant ouverte de savoir jusqu’où il faut le pousser.» Hubert Damisch, «fenêtre jaune Cadmium.»

Cette métaphore rejoint cette idée que je partage: la construction du tableau à la fois comme architecture et comme organisme. Et s’il s’agit d’un organisme la question de la place de la figure revient une fois de plus dans la peinture de paysage. Cette question comme un des thèmes principaux de mon travail. Il n’y a pas de paysages possibles sans regardeur pourvu d’organes sensibles. Est il question de l’organisme du peintre lui même qui projette ses émotions, sa sensibilité sur la toile ? Je rapprocherais ces réflexions de celles des peintres expressionnistes tel que Koberling ou Hartung par exemple. Je conçois mes peintures comme une construction, une architecture sans toutefois chercher la monumentalité.

J’ai beaucoup d’admiration pour le travail de Mondrian et sa conception architecturale du tableau. Une forme de radicalité qui me parle, que je perçois comme une sorte de peur d’une forme de maniérisme, que je voudrais partager en ce sens. Dépasser toutes les questions de formes pour arriver à un absolu qui ne présenterait que la construction et l’importance du sujet.

« Je suis toujours quelque part dans le tableau. La quantité d’espace que j’utilise, je suis toujours dedans. Il me semble que je m’y déplace et qu’il vienne un moment où je perde de vue ce que je voulais faire, et alors me voilà dehors. Si la peinture se tient, je la garde; sinon je m’en débarrasse.» De Kooning.

Souvent une peinture que je considère «terminée» est le fruit d’une juxtaposition avec une toile qui me donne du fil à retordre. Je peins plusieurs toiles en même temps et la touche colorée de l’une va influencer l’autre. J’utilise de moins en moins directement des tons primaires et complémentaires, ils sont contenus et fondus dans l’amalgame et les superpositions. Notamment les gris qui sont réalisés avec l’ensemble des raclures de ma palette; je rajoute alors des primaires pour obtenir différentes valeurs . Per Kirkeby m’apporte beaucoup dans sa conception architecturale de l’oeuvre il y va de la construction du tableau comme on construirait un édifice qui sort de terre pour s’élever comme un arbre.

Ces constructions réalisées par accumulations sont la base de mes compositions et j’évoquerais alors Matisse et Hockney comme ces maîtres du motif.

L’oiseau, comme s’il était l’âme d’un Etrusque. «Huitième Elégie de Duino» - Rainer Maria Rilke

C’est en effet d’une coutume romaine de provenance étrusque - observer le vol des oiseaux dans une portion de ciel délimitée au préalable et appelée templum - que dérive le verbe contempler et, partant, notre notion de contemplation. Avidement les augures cherchaient dans le vol des oiseaux traversant le templum les signes du destin. Les oiseaux, eux, passaient. Jean Christophe Bailly - «Le versant animal»

La nature est habitée par ce qui la construit. Que l’humanité intervienne ou non sur la nature n’est pas primordial dans mon travail de peinture. Ce qui part du sol et qui monte vers le ciel, ces superpositions de strates. Du sous-sol jusque en haut des cîmes. Une élévation, une stèle qui n’est point sans rapport avec une idée cosmogonique de l’art.

La contemplation du paysage, un questionnement existentiel quasi religieux. Cette contemplation ne se limite pas à une sorte d’oisiveté; soucieux de nommer ce que je vois, j’adopte une position qui est celle d’un scientifique. Je dissèque le paysage pour l’investir de mes outils artistiques et en proposer une lecture particulière. Quelle place pour l’homme dans une nature en mouvement perpétuel, constamment modifiée par notre propre action? Mon propos n’est pas de donner une réponse manichéenne ou politique. Plus qu’une posture romantique de contemplation cette idée me permet d’aborder autre chose qu’une vision simpliste de notre espace. Regarder l’horizon c’est regarder une forme de l’infinité. Beaucoup de questions existentielles naissent de cette notion mais aussi le rêve, le mythe, la poésie.

S.O.2010.

mercredi 24 février 2010

Expo













lundi 8 février 2010

Sans titre







Huile sur toile 200 x 160 cm







Sans titre







Huile sur toile 200 x 160 cm

Grand champ








Huile sur toile 200 x 140 cm

vendredi 15 janvier 2010

saison 4#







huile sur toile 150X120 cm

mercredi 6 janvier 2010

Saison 4










Huile sur toile 175x150cm

mardi 5 janvier 2010

perspective








lundi 4 janvier 2010

Paysages






















mardi 29 décembre 2009

Champ et pluie








Paysage










lundi 21 décembre 2009

nocturne 3







Reflet







samedi 19 décembre 2009

nocturne 2





vendredi 18 décembre 2009

nocturne 1